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Création d’entreprise – une vision ex ante

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Créateur d’entreprise en Aquitaine

Je constate parmi le nombre de candidats à la création ou à la reprise, et pour certains porteurs de projets avec une véritable valeur ajoutée dans l’innovation, que la plupart manquent systématiquement de stratégie de développement et d’une vision systémique des enjeux opérationnels.

Et bien que nombreux soient les acteurs du soutien à la création, institutions publiques, associations de développement, pépinières d’entreprises, clubs divers et réseaux en tous genres… il apparaît bel et bien que les futurs entrepreneurs perdent encore beaucoup trop de temps et de leur énergie, en n’actionnant pas les bons leviers, et barrent leur navire selon leur perception intuitive de la météo, plus qu’en appliquant les fondamentaux de la navigation économique.

Le business plan de mes rêves …
La plupart des business plans affichent des ambitions surréalistes sans idée de la chaîne de valeur ou modèle économique réellement identifié ou bien encore avec des projections à n+5 complètement aberrantes aujourd’hui. Est-il raisonnable de projeter des comptes de résultat avec des chiffres dont on sait qu’ils ne correspondent de facto à aucune réalité si ce n’est qu’à un formalisme archétyp-iquement bancaire ? Tirer sur une colonne excel, tout le monde sait faire ! Même nos économistes à Bercy 🙂

Certes, ils croient en leur projet malgré le nombre de “non” qu’ils entendent, ce qui est loin d’être preuve de dynamisme économique et « so Frenchy »(cqfd), mais il leur faudra faire preuve d’une persévérance à toute épreuve, de réalisme et de remise en question permanente dès le début. Il peut être difficile pour un créateur qui pense avoir trouvé le Saint Graal, d’accepter les réalités économiques, mais elles sont bel et bien au coeur de la réussite de tous les business.

Une entreprise n’est pas un bébé !
Oui, le fondateur à tendance à impliquer des sentiments dans son entreprise. Si dans la sémantique le père est le géniteur, dans le business, c’est juste le chef du projet. Si le projet n’a pas de budget inutile de rêver.  « Quand on n’a que son BP et sa GG, … faut bien partager « , Il faudra dans certains cas, accepter de diluer son capital pour lever des fonds, faire entrer un associé comme actionnaire majoritaire ou au mieux ayant la minorité de blocage ou soit décisionnaire dans les délibérations du conseil d’administration dès lors qu’il met la main au portefeuille… faut tout de même pas rêver ! Comme je le répète souvent, il vaut mieux 50% de beaucoup que 100% de rien.

Les investisseurs ne veulent pas prendre de risques, ou du moins le minimum. Ils investissent sur un produit financier (donc une valorisation de votre entreprise à la sortie), et misent sur une équipe (qui va développer l’activité). Ils vont donc mettre un accent particulier sur le contrôle de l’équipe et de sa cohésion dans le projet. Il n’est pas rare que certains cabinets parachutent un de leur consultant dans l’entreprise pendant la phase d’amorçage pour assurer le reporting, voir le take-off. Le porteur du projet devra peut-être accepter (souvent pour son bien) de piloter en double commande avant son lâcher-solo, et compter sur des recommandations qui l’obligeront à tailler dans le vif du management pour reconsidérer le rôle de l’ami d’enfance ou du cousin dans l’organigramme du CODIR. Situation courante dans la transmission d’entreprise « familiale »

Le risque, ça se calculerisque calculé
Gardons à l’esprit qu’il faut savoir prendre des risques certes, mais d’un point de vue entrepreneurial le risque, c’est tout sauf du hasard ! C’est de la dette. L’endettement est un outil financier à utiliser comme un levier d’enrichissement, pour financer de l’actif (investissement en moyens de production, pour développer un marché sur des nouveaux contrats…) ; en ce qui concerne la recherche, la mise au point technologique, bref la R&D, il existe pléthore de fonds de soutien ou de développement.

Le banquier quand à lui est l’un des investisseurs dans l’entreprise et peut-être considéré quelque fois comme un partenaire (comme dans la pub), mais le plus souvent comme un fournisseur. C’est un commerçant qui doit faire du profit et comme tout commerçant, il s’assure qu’il va faire du bénéfice… en évaluant le risque.

Un projet de création d’entreprise doit être abordé dans cette logique et surtout pas dans l’optique de créer son emploi. Les investisseurs le sentent généralement et repèrent assez vite les projets ou les porteurs ne prennent pas… de risques. Donc, on peut faire une généralité en disant que très peu de projets réussissent à lever des fonds sans que le(s) fondateur(s) de l’entreprise ne mouille(nt) la chemise.

Savoir être avant de savoir-faire
Enfin, en parlant de mouiller la chemise, dernier accent : savoir-faire ne va pas toujours de pair avec savoir-être. Savoir se présenter, présenter son projet et le défendre, mettent en oeuvre des talents de communication et de gestion de stress qui ne sont pas donnés à tout le monde. Et cela fait toujours meilleur effet d’arriver sûr de soi et vendre son projet avec prestance plutôt que de tendre une main dégoulinante de trouille ou afficher des auréoles de 20 cm à chaque aisselle. Je recommande aux entrepreneurs qui se retrouvent dans cette description de recourir aux services d’un coach, pour améliorer leur technique de prise de parole, développer leur leadership ou apprendre à préparer leurs entretiens, acquérir plus d’aisance et contrôler leur stress.

Nos pépitesDétecter nos pépites économiques
Les acteurs de l’économie, dont je ne citerais pas toutes les instances tellement elles sont diversifiées (et pour ne pas froisser les susceptibilités en cas d’oubli), ont développé une vraie qualité de service. J’ai pu constater ces dernières années, une implication professionnelle et une démarche opérationnelle réelles dans la prise en charge et la mise en oeuvre de moyens logistiques, de conseils et d’accès à l’information.

Aussi, je pense que l’accompagnement ex ante des projets ne peux qu’être qu’au bénéfice de tous. A l’instar des anglo-saxons, une évolution de notre vision de la création d’entreprise, une meilleure information du public et un travail de terrain nous permettront de mieux repérer les nombreuses pépites qui passent encore au travers des mailles de nos pôles de compétitivité (clusters) et des structures de soutien au développement économique de nos régions.

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